Entre mauvaises herbes envahissantes, eaux stagnantes et parfois même la présence de rongeurs, un jardin laissé à l’abandon peut rapidement devenir une nuisance. Mais que faire lorsque le terrain négligé se trouve juste derrière votre clôture ? La loi encadre ces situations et offre plusieurs recours.
L’entretien du jardin est-il une obligation légale ?
Oui. Que l’on soit propriétaire ou locataire, l’entretien courant du jardin fait partie des devoirs liés à l’occupation d’un logement.
- Pour un locataire, la loi du 6 juillet 1989 précise qu’il doit assurer les petits travaux d’entretien (tonte, taille, désherbage).
- Pour un propriétaire, seules les interventions lourdes (abattage d’arbres malades, gros travaux) restent à sa charge.
Un jardin laissé à l’état de friche ou devenu insalubre engage donc la responsabilité de son occupant et peut conduire à des sanctions.

Peut-on contraindre un voisin à agir ?
Oui. L’article L2213-25 du Code général des collectivités territoriales autorise le maire à mettre en demeure un propriétaire ou locataire de remettre son terrain en état. En cas de refus, la commune peut faire exécuter les travaux… aux frais du propriétaire.
En pratique :
- Vous pouvez d’abord tenter une discussion amiable avec votre voisin.
- Si cela ne donne rien, signalez la situation à votre mairie. Le maire peut prendre un arrêté imposant les travaux nécessaires.
- En cas de conflit persistant, un conciliateur de justice peut intervenir pour trouver un compromis. Si aucune solution n’est trouvée, un recours devant le tribunal de proximité reste possible.

Et si le propriétaire est introuvable ?
Dans certains cas, le jardin appartient à un propriétaire non identifié (succession en attente, logement abandonné, etc.). Là encore, la mairie est votre interlocuteur. Elle mènera des recherches pour retrouver l’ayant droit.
Si personne ne se manifeste, le maire peut dresser un procès-verbal d’abandon et ordonner les travaux nécessaires. Ceux-ci seront financés directement par la commune.




